Mercredi 2 mai 2012 3 02 /05 /Mai /2012 01:42

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Il y a des secondes comme ça où la vie vous reprend comme un enfant. Les heures passent avec la nausée, un sentiment de vertige semblable à celui que l'on ressent quand on croit qu'il y a encore une marche et que notre pied se perd une seconde. Et bien là, c'est ce malaise, ce vague qui se ressent continuellement. Je flotte en moi-même, je nage dans un espèce de vide intérieur que j'aimerais rassurant mais qui me fait perdre la tête. Mon opacité meurt, j'ai le sentiment de passer à travers moi-même et de ne pas pouvoir me retenir, de chuter sans parapluie à la main, dos à une tempête qui me ravage calmement. Pourquoi la nuit est-elle toujours si cruelle ? Pourquoi les hommes me rendent-ils tous si fragiles. J'en sors toujours, le désir calciné, la passion qui rampe comme un parasite dans la main, comme s'il s'était nourri de tout le bon en moi, de toutes les choses sucrées. On me retrouve enterrée dans le sable, on me laisse mourir au soleil en me faisant croire que c'est mieux et que je vais renaître. Bien sur, je renais toujours. Je m'étouffe dans mes cendres, je m'y blotti comme un foetus pour tout recommencer, et j'éclate à nouveau. Je respire, j'existe, mais je ne saisis toujours pas la vie. Je tends les bras, je l'effleure, je l'observe, mais je ne l'atteinds jamais... Je ne fais que la sentir autour de moi. Elle a l'odeur du soleil et la couleur du rire, j'aimerais m'en imbiber, y plonger comme dans un ruisseau, mais je ne sais pas ce qu'il me manque. Je suis attachée au néant par un fil invisible.  J'ai perdu quelque chose d'important dans une autre vie.

Par Oli.
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Dimanche 18 mars 2012 7 18 /03 /Mars /2012 18:25

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Et comme d'habitude, je cours après ce que je veux être au rythme du tic-tac de ma vie. J'ai peur de me blesser, de ne pas avoir le temps, d'être ridicule. Mes yeux bavent sans cesse et j'ai peur qu'ils dégoulinent encore de frayeur devant l'étendu du monde et de mon existence.  J'ai peur qu'on me fasse mal, qu'on me batte encore et qu'on jette mon corps dans le noir pour que je me retrouve le soir à pleurer. Oh, maman, j'aimerais tellement être comme elles ! Tu penses que j'y arriverais ? Pensez-vous que j'y arriverais ? Comment croire que j'y arriverai ? Si seulement j'étais plus belle, différente, et moins dans la moyenne. Si seulement on me voyait, si quelqu'un voulait me parler, si je faisais rayonner le bitume dans la rue. Qu'est-ce que j'aimerais faire plus tard ? Je ne sais plus, mais je voudrais être différente. Je voudrais qu'on me regarde. J'ai toujours eu cette folle ambition de devenir quelqu'un, que le monde entier m'acclame. J'ai toujours imaginé des échos d'amour, la reconnaissance d'un peuple qui me parcourerait l'échine. Je sais que c'est ridicule, que mon égocentrisme me ronge comme un insecte, comme un éternel besoin de considération. Mais mes os sont remplis d'une moelle de passion qui ne me laisse jamais en paix, et je coule. Le temps s'écoule et j'ai peur de ne jamais me trouver, d'être perdue, de m'éclipser. J'ai peur de rester piégée dans mon costume de peau étriquée.

Par Oli.
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Samedi 24 décembre 2011 6 24 /12 /Déc /2011 01:55

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Le temps continue de courir, peu importe ce qu'il laisse derrière lui. La vie s'effile, se déroule comme une toute petite pelote de laine, et les choses, les gens disparaissent : Alors, le temps détruit tout. Dans la pénombre d'une pièce, au détour de l'ennui, on s'en rend compte parfois. On comprend un jour. Je fais le tour de la nuit, et je meurs pour toujours car toutes les choses meurent. La beauté, la joie, l'orgasme, tout est éphémère. Nous sommes rongés par l'espérance de nos vies... Brèves, comme des papillons. Moi, je pleure en regardant le passé. J'ai perdu tant de choses, tant de personnes qui faisaient partie de moi, qui se sont inscrites en moi, qui ont tatoué mon âme... Parfois j'aimerais demander aux grandes personnes s'il y a des moments de la vie où on a tant perdu qu'on s'est perdu soi-même. J'aimerais leur demander s'il ne vaudrait pas mieux se laisser couler le long de son existence et attendre lâchement la fin. Leur demander si à force de tout laisser derrière soi, à force de tout se faire arracher par le temps, on ne finit pas complètement vide... Je me sens éteinte. Je touche à des choses qui me fascinent et me menacent, j'aime, je frissonne, mais rien ne me fais revivre. Je survis simplement, et je titube, ivre, dans mon passé, et je m'échoue dans le présent. Rien ne me gifle, rien ne me transperce ! Le coeur a disparu. Une partie de moi a disparu... Je souris, je mens, je m'invente. Je fais croire que je suis belle, et que je suis vivante, mais ce n'est qu'un masque de regret sur une Olivia transparente et terne. Je me lis comme une nostalgie éternelle.

Par Oli.
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Jeudi 3 novembre 2011 4 03 /11 /Nov /2011 18:30

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Les âmes passent vite autour, la réalité n'existe plus : Juste l'individu. Moi, j'ai partagé mon corps en morceaux, un petit bout de moi pour chaque personne, mais j'ai toujours fini seule. Finalement, je ne suis qu'une lettre : Un petit tas de mot pleurés sur du papier. Pourtant, personne ne me recevra jamais... Un petit lapin trop en retard m'a jetée dans la rivière, et la rivière ne m'a pas recrachée. Je coule avec elle, mes mots se sont gorgés d'eau comme de l'aquarelle, eux aussi ont coulé : Je suis illisible, invisible, un bout de papier fragile dans un ruisseau indocile et sans gout. J'aurais pu changer le monde, mes mots auraient pu être chantés, dansés, écoutés par de pauvres oiseaux crucifiés, ils auraient pu créer la mort, guérir l'absence, la condamner, la détester. Peut-être quelqu'un aurait-il pleuré sur moi, peut-être qu'il m'aurait froissée entre ces doigts, que j'aurais été salie et laissée sur la table d'une petite cuisine, j'aurais existé pour quelqu'un. Mais personne ne m'a repêchée. S'il n'y a pas de civière pour une petite lettre, il ne doit pas y en avoir pour moi : Si je me nois, mon corps coulera, les poissons le mangeront peut-être.

Par Oli.
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Mardi 11 octobre 2011 2 11 /10 /Oct /2011 21:52

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Enfin : J'ai disparu.

J'ai perdu la tête et j'ai perdu mon corps. Ma mère ne me regarde plus.

Tout m'est devenu étranger. Mes lampes, mon bureau, mon miroir, ma chambre, les gens, le monde. On ne me lit plus, on ne m'entend même plus. Je me sens vaporeuse. Je me sens éteinte...

Je me lève, puis je m'effondre, et cette fois je m'effondre vraiment. Ils appellent ça du masochisme morale : Ils ne veulent pas en parler, mais ça veut dire que je ne serai jamais heureuse, parce-que je m'en empêche. Soit. Est-ce un crime d'avoir voulu essayer ?

Par Oli.
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